Chauffage électrique : Quel impact sur le changement climatique?

Un reproche qui est parfois fait au chauffage électrique est qu’il aurait un impact négatif sur l’environnement, en particulier un contenu en CO2 important contribuant au réchauffement climatique. Cette critique est basée sur deux arguments. Le premier : « le chauffage électrique favoriserait les pointes de consommation d’électricité au niveau national, et à ces périodes le contenu du kWh électrique est très carboné ». Le deuxième : « les nouveaux logements équipés de chauffage électrique vont obliger à la construction de nouvelles centrales électriques utilisant du gaz comme combustible, donc plus émettrices de CO2 que le parc français actuel. Nous allons passer en revue ces deux arguments.

 

chauffage électrique climat environnement

 

Les chauffages électriques existants : des émissions de CO2 relativement basses

 

Comme tous les chauffages, le chauffage électrique est un usage saisonnier. Mais cela ne signifie pas qu’il soit responsable de la pointe hivernale quotidienne du soir (autour de 19 heures). En effet, Réseau Transport Electricité (RTE)1 constate que le chauffage électrique des logements présente bien une « bosse » en fin de journée mais elle est bien moindre que celle de l’éclairage et des autres usages électriques que sont l’électroménager, le multi media et la cuisson. 


Le chauffage électrique ne favorise pas la pointe de consommation d’électricité, ce qui se retrouve bien dans les valeurs de son contenu en CO2 (grammes de CO2/kWh) calculées par l’ADEME, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energiequi l’évalue à 210 g par kWh au plus. Cette valeur est à comparer aux 234 g pour un chauffage au gaz et 300 g pour le fioul domestique, valeurs utilisées pour calculer les émissions de CO2 des logements par le Diagnostic de Performance Energétique (DPE).

 

 

Le kWh chauffage électrique moins polluant que celui des énergies fossiles

 

Le kWh chauffage électrique est donc moins polluant que celui des énergies fossiles. Les études du CEREN (Centre d’Etudes et de Recherches Economiques sur l’Energie) permettent de calculer à partir des consommations réelles de chauffage qu’un logement chauffé à l’électricité émet 2 fois moins de CO2 lié à son chauffage qu’un logement chauffé au gaz et près de 3,5 fois moins qu’un logement chauffé au fioul. Ce point est vérifié dans les étiquettes CO2 du DPE qui note mieux le chauffage électrique que les énergies fossiles.
Cette faible production de CO2 s’explique par le mix de production de l’électricité en hiver qui reste majoritairement assuré par le nucléaire et l’hydraulique.

 

Les nouveaux chauffages électriques :

 

Les équipements de chauffage électrique ne cessent de s’améliorer : dans le neuf, la réglementation oblige les chauffages électriques à être très performants et à consommer moins de 2,5 fois d’énergie qu’un chauffage au gaz. Les logements sont donc très bien isolés et le plus souvent équipés de pompes à chaleur qui ont d’excellentes performances.

 

Les chauffages électriques sont très performants si le logement est bien isolé

 

Les nouveaux radiateurs électriques équipés d’une gestion intelligente permettent de ne chauffer les pièces que si elles sont occupées et selon le confort des occupants, sans gaspillage. Ces nouveaux équipements procurent donc des économies sensibles. Cependant, il ne faut pas perdre de vue qu’un chauffage performant ne peut se concevoir sans une bonne isolation thermique de son logement. Ce point est à aborder en priorité, avant même d’envisager l’installation d’un nouveau chauffage.

Les nouveaux logements équipés de chauffages électriques sont donc des solutions assurant de faibles consommations d’électricité et de faibles émissions de CO2, d’autant plus que les futures centrales électriques feront majoritairement appel à des énergies peu carbonées. La part des énergies renouvelables électriques a déjà fortement augmenté, surtout grâce aux éoliennes, et continuera d’augmenter conformément aux objectifs européens et nationaux. A plus long terme, et en cas de nécessité de satisfaire une demande accrue d’électricité, les derniers Bilans Prévisionnels (2011, 2012, 2013) du RTE prévoient une production électrique majoritairement à base d’énergies décarbonées nucléaires et renouvelables.


- 1 Dans son "Bilan Prévisionnel de l’équilibre offre-demande d’électricité en France" de 2012 (p. 38) le RTE décompose la courbe de charge électrique nationale « un jour ouvré parmi les plus froids de l’hiver 2011-2012 ».

- 2 Rapport ADEME : évaluation du contenu en dioxyde de carbone (CO2) des différents usages de l’électricité distribuée en France métropolitaine entre 2008 et 2010

 

 

Merci de votre avis !

Pour aller plus loin

En ce moment sur le forum

Chauffage

380 discussions sur le forum Voir les discussions
Simulateur

Simulez vos Aides & Subventions pour vos travaux

Faire une simulation

Trouvez un professionnel
près de chez vous