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Il était une fois les réglementations thermiques...

La première réglementation thermique a été adoptée en 1974, suite au premier choc pétrolier de 1973 survenu dans un contexte international très complexe ayant eu, parmi d’autres conséquences, la hausse du prix de baril de pétrole par l’OPEP.
En tout cas, s’en est suivie une réflexion sur la façon de réduire la facture énergétique dans les bâtiments neufs, un besoin sans doute motivé au départ par la crainte des pays industrialisés de dépendre de pays producteurs de pétrole.
Au cœur des enjeux par la suite, la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
La RT 1974 a posé la première pierre. La RT 2012, actuellement en vigueur, poursuit l’édifice en faveur de la réduction des consommations d’énergie.


il etait une fois la reglementation thermique

 

RT 1974 et des consommations de 225 kWh/m².an


La réglementation thermique 1974 concerne l'ensemble des bâtiments neufs d'habitation. Son objectif est une réduction de 25 % des consommations énergétiques : une estimation qui s’appuie sur les normes en vigueur depuis les années 50.

 

On estime la consommation de chauffage à 300 kWh/m².an jusqu’en 1974 : l’objectif de la première RT est de revenir à 225 kWh/m².an. La RT 1974 prend déjà en compte deux éléments essentiels causant des pertes de chaleur : l’isolation thermique des parois extérieures et le renouvellement de l’air (ventilation de qualité) : ce qui entraîne la mise en place d’un coefficient de transmission thermique, K, pour les parois - il calcule la quantité d’énergie s’évacuant des parois – et d’un coefficient G – déperditions globales, en W/m3.°K - mesurant les pertes de chaleur globales du volume habitable du bâtiment.

La réglementation thermique 1974 est le point de départ des exigences visant à réduire les consommations d’énergie dans le bâtiment avec des critères tout aussi exigeants.

+ d’infos :
C’est en 1976 qu’une première RT est dédiée aux logements non résidentiels avec la naissance du coefficient G1.

RT 1982 et 1988 : des consommations à 170 kWh/m².an et nouveaux critères


Avec le second choc pétrolier de 1979, il n’en fallait pas plus pour renforcer les exigences en matière d’économies d’énergie dans le bâtiment. L’adoption de la RT 1982 fixe donc un nouvel objectif de 20 % de réduction de la consommation énergétique par rapport à la RT 1974, soit 170 kWh/m².an. Les besoins en chauffage sont au centre des nouveaux critères de la RT 1982 avec l’apparition d’un nouveau coefficient B dédié.

 

Il mesure, en W/m3.°K, les besoins annuels en chauffage avec prise en compte des apports extérieur et intérieur : les apports solaires gratuits sont déduits des pertes de chaleur dans le calcul des besoins de chauffage.

Les niveaux d’isolation du Label Haute Isolation, premier label de l’histoire des RT né deux ans plus tôt, deviennent obligatoires pour tous les logements au même titre que le label Solaire par exemple, obligatoire dès 1983.

La réglementation thermique 1988 marque une évolution de taille puisqu’elle ne limite plus les pertes de chaleur au sein d’un bâtiment à l’isolation mais intègre les besoins de chauffage et d’eau chaude sanitaire.
Ce qui donne naissance à un nouveau coefficient « C » (consommations) permettant de calculer l’ensemble des besoins en chauffage et eau chaude sanitaire en incluant le rendement des systèmes.

De nouvelles exigences prennent aussi en compte les systèmes de ventilation et de climatisation dans les bâtiments tertiaires.

La RT 2000 dans l’ombre de Rio et Kyoto


Au moment de l’adoption de la réglementation thermique 2000, deux événements majeurs ont eu lieu : le Sommet de Rio en 1992 et le Protocole de Kyoto en 1997.

 

La problématique du développement durable est « née » à l’occasion du premier et fut le point de départ d’accords internationaux concrets, notamment avec la mise en place d’un plan d’actions appelé « Agenda 21 » qui détaille les champs d’application du développement durable dont le logement en fait partie.

Avec le Protocole de Kyoto, les pays membres se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 en raison de leurs conséquences sur le changement climatique. La France, pays signataire, a réussi avec 5,3 % d’émissions de GES en moins : c’est l’un des rares pays à y être parvenu.

C’est dans ce contexte que naît la RT 2000. Les objectifs sont de réduire de 20 % les consommations au sein des logements d’habitation, ce qui représente 130 kWh/m².an, et de 40 % au sein du tertiaire.

La notion d’amélioration du « confort d’été » (dans les lieux non climatisés) fait son apparition et les consommations pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire, la ventilation et l’éclairage du tertiaire sont au cœur de cette réglementation.

Trois exigences sont imposées :
- La consommation d'énergie doit être inférieure à une consommation de référence,
- la température atteinte en été doit être inférieure à une température de référence,
- des performances minimales sont requises pour certains systèmes (isolation, ventilation, système de chauffage, climatisation, …).

Des performances favorables aux économies d’énergie que doivent donc respecter les architectes et bureaux d’études lors de la conception d’un bâtiment.

La RT 2005 : plus d’exigences et de nouveaux labels de performance


Dans la droite ligne de la RT 2000, la RT 2005 a pour objectif d’améliorer la performance thermique des bâtiments neufs de 15 %.

 

Est prise en compte la consommation globale d'énergie du bâtiment pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire, le refroidissement, les auxiliaires (ventilation) et l’éclairage (propre au bâtiment tertiaire). Devant être inférieure à la consommation de référence, 90 kWh/m².an, elle varie selon la typologie du bâtiment, la zone climatique et l’énergie de chauffage.

Pour concilier confort et économies d’énergie, l’implantation, les orientations, la forme architecturale et le confort d’été préservé doivent donc être à la base d’un projet de construction.

Mais, la RT 2005 renforce aussi les exigences en matière d’isolation et d’étanchéité à l’air des bâtiments existants dans le cadre de travaux de rénovation. Epaisseur et résistance thermique des isolants, isolation par l’extérieur ou encore ventilations économes en énergie sont préconisés.

Des exigences sur les équipements également avec des chaudières à haut rendement, des pompes à chaleur avec un coefficient de performance (COP), un éclairage basse consommation, des systèmes utilisant des source d'énergie renouvelable (chaudière bois, PAC, chauffe-eau solaires, etc.).

5 labels font leur apparition et permettent d’attester de la performance énergétique des bâtiments, en neuf comme en rénovation. Ils déterminent surtout le coefficient Cep du bâtiment par rapport à la consommation de référence défini par la RT 2005 :

- Le label Haute Performance Energétique (HPE) avec des consommations inférieures à 10 % par rapport aux consommations de référence,
- le Label Très Haute Performance Energétique (THPE) avec des consommations inférieures à 20 % par rapport aux consommations de référence,
- le label Haute Performance Energétique énergies renouvelables (HPE EnR) qui prend en compte l’installation d’équipements de chauffage utilisant une énergie renouvelable,
- le label Très Haute Performance Energétique énergies renouvelables (THPE EnR) qui prend en compte la production de chauffage ou d’eau chaude sanitaire assurée, en partie, par une énergie renouvelable,
- le label BBC (Bâtiment Basse Consommation) pour les constructions dont la consommation énergétique globale est inférieure en moyenne à 50 kWh/m²/an, variant selon les régions et l’altitude.

Du chemin a été parcouru depuis la RT 1974 mais les exigences, performances et critères doivent encore évoluer, le bâtiment étant encore, à ce jour, le plus grand consommateur d’énergie avec 43 % de l’énergie finale et environ 23 % d’émissions de gaz à effet de serre.

Les espoirs reposent désormais sur l’actuelle réglementation thermique, la RT 2012, et la prochaine intégrant le concept de « bâtiment à énergie positive », la RT 2020.


Crédit photo : © Brad Pict - Fotolia.com

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La RT 1974 a posé la première pierre. La RT 2012, actuellement en vigueur, poursuit l’édifice en faveur de la réduction des consommations d’énergie.

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